Placage scié ou tranché ?

13 mars 2016

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Si l’un se distingue par un rendu précieux, l’autre n’en demeure pas moins aussi esthétique et plus adapté à l’évolution de notre environnement urbain. Zoom sur ces deux techniques, entre origines, évolutions et applications.

C’est au milieu du XVIIIe siècle que l’on retrouve les premières traces écrites de l’existence d’outillage dédié au placage scié (plans et élévations d’un « moulin à planches », L’Encyclopédie, Diderot et d’Alembert), alors qu’en Angleterre, la première scie circulaire apparaît en 1794. À cette époque, le placage représente la majeure partie du travail du compagnon ébéniste. À tel point que des concours s’organisent au sein des ateliers pour désigner celui qui fera le plus de feuilles dans un pouce de bois. Ces jeux ont le mérite de faire progresser la technique en améliorant la qualité des scies, l’affûtage et l’adresse des ébénistes. Mais c’est l’invention d’un

Auxerrois qui révolutionne le placage scié qui, jusqu’ici, s’opérait à la main avec une scie à presse. La scie « au bois montant » permet de débiter des plateaux, des feuillets et du placage, et ce, avec des épaisseurs bien inférieures.

Puis s’ensuivent d’autres innovations comme la scie à ruban en 1807 ou la machine à trancher le bois en 1825. Celle-ci recourt pour la première fois à l’utilisation de l’eau, ce qui a pour effet d’ouvrir les pores du bois, le rendant plus poreux, et de délaver ses couleurs…

Quand, en 1835, la machine à dérouler du placage est inventée, point de départ d’un progrès considérable. En effet, elle est améliorée trente ans plus tard par Garand, qui a l’ingénieuse idée de faire bouillir le bois avant de le travailler pour l’assouplir. Cette évolution permet alors de produire des feuilles de plusieurs dizaines de mètres de long avec une largeur égale à la longueur de la bille. C’est la naissance du placage tranché.

Alors, scié ou tranché ?

Le placage scié est encore pratiqué aujourd’hui, mais pour de rares cas de restauration ou de conception de mobilier très haut de gamme. Il a pour principal avantage de conserver l’aspect naturel du bois, reconnaissable par les fi ns connaisseurs.

Quant au placage tranché, si la bille de bois passée dans une étuve pour être vidée de sa sève perd de sa couleur originelle, elle peut toutefois être débitée en feuilles plus fines, jusqu’à 6/10e.

Le collage s’effectue alors sur des panneaux de nature différente, qui offrent plus de stabilité que le bois.

Applications

Vous l’aurez compris, on a plus souvent recours au placage tranché (habillage de murs et de lambris, de mobilier et de portes). Il permet d’allier un équilibre parfait entre esthétique et technique : tenue dans le temps, rendu naturel et chaleureux, possibilité de plaquer de grandes surfaces (halls d’entrée, séjours…) ou d’unifier une série de mobiliers en termes de teinte et de texture. Soulignons également que cette technique remet à l’honneur l’utilisation du bois sur de grandes surfaces pour personnaliser un projet, bénéficier de la noblesse du bois et offrir une ambiance plus conviviale.

Encore faut-il un résultat irréprochable ! Son exécution requiert un savoir-faire précieux et une maîtrise spécifique dans le jointage et l’assemblage. C’est pourquoi une partie des ateliers de L’Ébénisterie est dédiée au placage, avec un équipement ultra performant (massicot, jointeuse à fil, presse à plaquer chauffante). Une équipe de trois compagnons passés maîtres dans l’art de plaquer maîtrisent le process global du placage (découpe, assemblage, jointage, collage). Pas de sous-traitance ! Ils sont ainsi en mesure de sélectionner les billes de bois qui permettront d’obtenir le résultat souhaité par leurs clients. Quand le placage est fait sur mesure, l’ébéniste flirte avec la haute couture.

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